Le Logiciel Libre ou Open Source (la démarche et le but recherché sont similaires) est un logiciel mis gratuitement à la disposition des utilisateurs (entreprises, ONG, secteur public ou encore particuliers). Les sources de ces logiciels, c’est-à-dire les codes de programmation sont accessibles et ouverts aux utilisateurs.

Ce qui nous apparaît au premier coup d’œil c’est l’aspect gratuit de ce logiciel, et cela masque malheureusement les réels atouts du logiciel libre, que nous allons développer en 3 points :

  1. une meilleure qualité
  2. un moteur pour l’innovation
  3. une base de savoir commune

Un quatrième point se profile aussi derrière l’Open source, secondaire pour certains et essentiel pour d’autres, c’est l’aspect éthique.

Le logiciel libre se distingue, dans un premier temps, par la qualité des logiciels créés. Celle-ci s’explique par le mode de réalisation de ces logiciels qui fonctionnent sur la collaboration des divers acteurs entre eux. Chacun apporte sa connaissance et son savoir-faire à l’élaboration du logiciel. Ce système collaboratif permet d’atteindre un niveau de compétence, que même les plus grands groupes, développant des logiciels dont ils sont propriétaires, ne peuvent avoir. En effet, ce mode de fonctionnement obtient le meilleur de chacun des participants. D’autre part, le développement d’un logiciel libre est une forme de « carte de visite » pour ses créateurs, comme le souligne Mark Shuttelworth (fondateur de Ubuntu) : « C’est un point de fierté dans le monde du logiciel libre : nous estimons généralement que nos logiciels Open Source sont par nature de meilleure qualité [que le propriétaire]. De fait, la nature collaborative du développement Open Source et l’aspect méritocratique poussent à la production d’un code de qualité.» Afin d’illustrer ce degré qualitatif du logiciel libre il nous suffit de vous citer quelques chiffres : le « propriétaire » propose un taux moyen de 20 à 30 défauts par millier de lignes de code alors que le « libre » affiche un taux de 1 défaut par millier de lignes de code (selon le bilan de l’Open World Forum 2009).

Dans un second temps l’Open Source s’est distingué comme un moteur de l’innovation. La réalisation d’un logiciel libre est une sorte de défi pour ses créateurs, celui de faire le mieux. La nouveauté et l’aspect innovateur du logiciel est donc essentiel à sa création. C’est, de plus, l’un des aspects qui va motiver et éveiller l’intérêt des différents acteurs qui participent à sa réalisation. L’aspect défi, recherche, est un élément fondateur de la conception du logiciel. Cela fédère les créateurs autour de ce but commun, de cette passion partagée et génère un enthousiasme général favorable au travail. Comme nous l’avons développé précédemment le logiciel libre est une carte de visite, l’utilisateur doit donc être impressionné et satisfait. La liberté d’accès aux sources permet à chacun de modifier le logiciel afin de le faire évoluer et de le parfaire. Cette liberté dans la réalisation laisse libre cour à la création et à l’imagination qui va dans ce domaine, de paire avec la pointe de la technologie. Ce constat est développé dans la conclusion des débats de l’OpenWorldForum 2009 et notamment souligné par Michael Tiemann (Vice President of Open Source Affairs at Red Hat Inc, as well as President of the Open Source Initiative.).

Le troisième atout du logiciel libre est de générer une base de savoir commune et accessible à tous (à l’image de Wikipédia dont le succès n’est plus à prouver). Au-delà de création d’un « patrimoine universel public », c’est un bénéfice évident pour nos économies. Le logiciel libre reprend l’un des piliers fondateurs de la théorie de la CPP (concurrence pure et parfaite, Frank Knight 1921) : la transparence. Ce pilier est important car il met les entreprises sur un pied d’égalité afin de tirer le meilleur de chacune des entités au travers de la concurrence. Le but de cette théorie était d’équilibrer les marchés et se plaçait donc en opposition au monopole (situation que l’on retrouve sur le marché des logiciels propriétaires : peu d’offreurs, dont quelques-un sont en situation de quasi-monopole comme Microsoft ou Oracle). La CPP n’est pas un but en soit mais elle donne des pistes de développement bénéfiques à une croissance équilibrée et donc durable. Le logiciel libre permet aux entreprises d’effectuer un transfert de valeurs et donc de faire des économies. Les moyens dégagés pourront donc être employés dans d’autres domaines : innovation, développement… Cela favorise notamment les PME innovantes dont les moyens sont souvent limités. Ces dernières représentent généralement nos opportunités de croissance pour l’avenir. Les bénéfices de l’Open source profitent à tous : secteur public (financé par nos impôts), ONG (dont le but est humain), entreprises, particuliers. L’enjeu du développement du logiciel libre rejoint une amélioration générale de la rentabilité des organisations.

Enfin, le quatrième atout, sorte de joker, c’est l’aspect éthique sous-jacent au logiciel libre. En effet, cette démarche répond à la question essentielle de l’éthique : « comment faire au mieux ? » Dans ce cadre, il faut séparer la réalisation de son créateur et envisager le problème dans sa globalité afin que cela profite au mieux à l’ensemble des acteurs concernés par la réalisation.
Il y a tout d’abord la réalisation elle-même : comment faire pour qu’elle soit la meilleure possible ? Nous avons vu précédemment que la qualité était une caractéristique intrinsèque au logiciel libre (cf. paragraphe 1).
Puis, il nous faut envisager son créateur et ce qu’il attend en retour de sa création : comment satisfaire le (ou les) créateur(s) ? Là aussi nous l’avons développé auparavant (cf. paragraphe 2), les créateurs ne réaliseront le logiciel que si ils estiment leurs attentes comblées.

Enfin, pour compléter l’analyse nous devons envisager l’utilisateur : est-ce qu’il y a un besoin ? Cela reprend un point déjà développé (cf. paragraphe 3), l’utilisateur à intérêt à se servir et à faire évoluer le logiciel libre.
Cette analyse nous permet de dégager les avantages qu’il y a à sortir de la logique « propriétaire » dont les bénéfices immédiats et personnels nous enferment dans une vision à court-terme et nous fait perdre de vue l’intérêt général qui aboutit à la satisfaction des intérêts particuliers.

Le logiciel libre est, par ailleurs, un domaine de prédilection des européens puisque 59 % des codes déposés sont d’origines européennes. Au-delà d’une fierté « nationale », c’est la mise en place d’un contrepoids à l’hégémonie américaine sur la création de logiciel, qui au travers de la concurrence sera une source d’innovation et de croissance pour tous (c’est la tendance actuelle). Enfin, cette diversité de l’approche des problèmes rencontrés par le développement de logiciel permet d’apporter de nouvelles solutions. De plus, le logiciel libre n’est pas déconnecté de toute logique de rentabilité puisqu’autour de celui-ci se développe une activité : extension du logiciel, adaptation à des cas particuliers, activité(s) parallèle(s),… C’est pour cela que de nombreux acteurs du domaine se tournent vers ces solutions qui font souvent déjà partie de notre quotidien (Apache dont le serveur web fait tourner 75% des sites au monde).

Nous le constatons le logiciel libre est en pleine phase de croissance et apparaît comme bénéfique pour tous. Toutefois, le « propriétaire » continue d’avoir ses adeptes et la modification du marché au travers du cloud computing pourrait mettre à mal l’expansion du logiciel libre.

Pour conclure cet aperçu succin du logiciel libre, il se cache derrière une réalité économique un état d’esprit propre à l’Open Source qui s’inscrit dans une vision durable et éthique de la société.

Sources :
Bilan OWF 2009
Théorie de la CCP par Frank Knight
Wikipédia