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Du gaspillage en développement informatique
Publié par Martin dans Ayeba
Je souhaite approfondir avec vous la conférence que Régis Médina lors du 4ème séminaire Lean et SI (http://www.regismedina.com/) sur le gaspillage en développement informatique car le sujet abordé se positionne à mon sens sur une évolution à surveiller : les méthodes agiles enrichies au Lean.
Régis souligne tout d’abord les apports des méthodes agiles dans l’amélioration de l’adéquation au besoin des solutions logicielles, dans la suppression de l’effet tunnel et dans l’amélioration de la qualité.
Valeur
La valeur est avec le flux et le gaspillage un élément central du lean.
Régis propose une signification à la notion de valeur en développement logiciel en lui donnant une définition double :
De là il introduit la notion de gaspillage en expliquant qu’il existe trois types de taches
On notera que le lean préconise la mise en place d’un flux tiré. Cela est déjà traité par les méthodes agiles qui mettent en place un flux tiré (on va chercher des fonctionnalités à développer dans une backlog et on les mets en production à la fin du sprint) et non plus un flux poussé (on développe toute la spécification avant la mise en production).
Gaspillage
Le lean identifie 7 types de gaspillages (on en identifie parfois deux supplémentaires, cela fera l’objet d’un autre papier). Le conférencier propose des exemples pour ces 7 catégories :
Réduction des gaspillages
Régis Médina identifie deux familles de problèmes
Qualité
Concernant la qualité, Il introduit la notion de build-in quality ou « bon du 1er coup ».
L’idée qu’il présente est de marquer d’une pastille rouge les tâches sur lesquelles on constate du rework (retour sur spécifications, retour sur recette, retour sur conception) afin de pouvoir les étudier ensuite pour identifier ce qui n’a pas fonctionné correctement et chercher à améliorer le processus (avec une démarche type 5 why’s par exemple).
Délais
Concernant les délais, Régis Médina introduit la notion de structure de délais. Le temps passé sur une tâche se divise en trois
Le frottement
Régis Médina appelle frottement la différence entre le touch time et le value added time, c’est à dire la différence entre l’ajout de valeur et la recherche.
Expérience
Afin de mesurer ce frottement, Régis réalise une expérience, il s’agit d’une session de pair programming pendant laquelle les 2 développeurs doivent réaliser une tâche a priori complexe qui correspond en fait à une simple modification d’une ligne dans un fichier de paramètrage.
On demande aux deux développeurs d’exprimer à haute voix toutes les hypothèses qu’ils formulent.
Une équipe d’observateur note toutes les actions qui vont être tentées.
On peut dès lors identifier le touch time du value added time
D’où vient ce frottement ?
Les causes de ce frottement sont multiples, mais on peut identifier globalement les problèmes suivants :
Solutions à explorer
Tout d’abord un constat : quand on découvre le phénomène, il est trop tard. Ce qui signifie qu’on est dans l’action préventive plutot que dans le curatif.
D’ailleurs XP a bien identifié ce phénomène en imposant dans son cycle projet des séances de refactoring de code.
Régis propose de former nouvelle race de développeurs. Il compare ce nouveau développeur à un poisson nettoyeur qui maintient son environnement propre par un effort de nettoyage continu.
Le nouveau développeur doit savoir identifier les frottement et les éliminer, Régis reprend là deux principes clef du lean, le travail sur la durée et la formation des équipes à l’identification des gaspillages.
Selon Régis Médina, les développeurs sont actuellement trop focalisés sur la technologie pure. Le nouveau développeur doit être formé pour comprendre ce qu’est le flux de production de valeur (pour l’utilisateur).
Il insiste aussi sur l’importance de la conception qui permet de faire vivre le code sans ajouter de complexité.
Enfin, le conférencier ajoute que l’utilisation d’offshore ne fait qu’accentuer le phénomène : plus on ajoute de force plus il y a de frottement or la méthode de résolution type d’un centre de service offshore est d’ajouter plus de ressource pour résoudre un problème.
Bénéfices
Les bénéfices à tirer de la mise en oeuvre des préconisations de Régis sont
Par ailleurs le fait de sensibiliser et de former les développeurs au flux de production de valeur va leur permettre d’aider l’utilisateur dans l’expression de son besoin en proposant des solutions pertinentes.
Conclusion
Le développeur classique traite l’information en séquence (en cascade, spécifications, conception, developpement, recette …), le développeur agile se tourne vers le service client, le développeur lean cherche à travailler plus vite pour le client et pour créer un produit pérenne.
Merci à Regis Medina pour sa conférence très instructive.
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