Société malade : un regard
Voici un billet repris du site monville.com, et que je tenais à publier également sur alto, pour faciliter les échanges et les contributions. il s’agit dans ce billet d’un point de vue personnel, qui peut ouvrir un débat, un débat constructif et fédérateur de différents points de vue.
Notre France va mal, et le « marché de la déprime » est en plein essor (thérapies, analyses, médicaments, psy, sophrologie,etc…) pas évident pour moi d’être objective, compte tenu de mon statut, mais je vais tout de même essayer de le rester.
Un chiffre vient encore une fois noircir le tableau : notre pays est le premier consommateur de psychotropes et antidépresseurs, ce qui ouvre la porte à toutes les alternatives en matière de santé physique et mentale. Et c’est là qu’il faut tirer la sonnette d’alarme ! Faut-il promouvoir un état de bien-être total ? celui-ci est il possible ? envisageable ? à chacun de trouver sa réponse, rappelons tout de même que c’est justement dans des situations difficiles et inconfortables que l’on va souvent accoucher de la solution, faire renaître l’espoir et croire de nouveau que c’est possible : possible de dépasser cette situation qui nous fait souffrir, possible de trouver des ressources en nous qui vont nous faire avancer…
D’un côté on nous incite à lever le pied en matière de prise de psychotropes et compagnie, on nous dit qu’il y a d’autres alternatives, comme les médecines douces, les thérapies brèves etc… et de l’autre on nous dit de nous méfier, des charlatans, des marchands de bien-être, des vendeurs de miracles ! Il faudrait, pour accéder à un mieux-être, trouver nous même un juste milieu, mais lequel ? mais comment ?? Sommes-nous dupes ?
Elles ne sont pas nombreuses, ces personnes qui ont atteint un niveau de conscience si élevée qu’elles seules peuvent effectivement parler de connaissance du bien-être complet, car pour parvenir à ce niveau, elles ont du accéder à un détachement total pour pouvoir se changer, se transformer, et peu de gens sont prêts à cela. Nous sommes dans un monde matérialiste, nous assistons à des rivalités économiques, de nos jours pour être « accepter » il faut être rentable, compétitif et sérieux, tout cela souvent au détriment de notre bien-être justement, de notre famille, de notre vraie vie, car c’est souvent cela qu’on oublie : notre vraie vie.
Heureusement, il existe bien entendu des solutions, et je me permets ici un brin d’humour puisque le sujet est grave, un proverbe Shadock dit « s’il n’y a pas de solution, c’est qu’il n’y a pas de problème ! » alors sachez vous écouter, sachez vous entourer, sachez vous faire accompagner et trouvez VOTRE solution et le support de votre solution, et pour ce faire, penser à faire appel à ce qui est en vous et que personne ne pourra jamais s’approprier : votre libre-arbitre, autrement dit votre capacité à juger librement…
Notre société est soumise à l’exigence de la performance, de la prouesse et du record. D »un côté si compréhensive, de l’autre asphyxiée par le toujours plus, toujours mieux… mieux que quoi ? que qui ? Face à cette détresse générale, vient d’être lancé le « ticket-psy », (une séance de psychothérapie aux frais de son employeur) dans l’idée de ce bon vieux ticket resto (Chaud divan ! comme dirait liberation.fr) mais version moderne, version psy… De plus en plus de sociétés ont cédé à l’appel du ticket-psy (mis en place via la Médecine du Travail, confidentialité oblige). Le débat est lancé : d’un côté ceux qui voient dans cette démarche une avancée sociale, de l’autre côté ceux qui crient à l’homologation du mal-être… Et vous pour ou contre, quel est est votre avis ?
Je pense aussi que la France va mal. Les français ont du mal à se remettre en question sur leur système de fonctionnement (et cela que ce soit pour le fonctionnement familial, professionnel et économique). De ce fait, il y a une consommation excessive d’anti dépresseurs. A quand une ouverture à des solutions pour s’ouvrir vers les autres au lieu de rester figer sur notre « petit monde »???
Bonjour Isabel, bravo pour cet article et merci de lancer le débat. Dans ton billet j’y vois plusieurs points qui nécessiteraient d’ouvrir une conversation multi axes. Tout d’abord sur la déprime. C’est effectivement un musique culturelle qui nous différencie de la culture chinoise. La France est elle en déprime ou est-ce notre économie qui privilégie le marché de la déprime. Je pense plus au 2nd point.
Concernant les métiers dits de la déprime. J’ai l’intime conviction qu’il s’agit d’un pb de posture et de vision de son métier; faut dire aussi qu’il y a des progrès à faire quant à la communication. Je pense que le métier de coach pour prendre celui que je pratique en exemple est un métier d’élévation plus qu’un métier de la déprime. La sémantique a son importance dès lors qu’elle nous permet de nous positionner dans une dynamique plutôt qu’une autre. J’entends par là que je préfère me définir comme un praticien du « comment » que du « pourquoi » . Est dans cette dynamique : rechercher comment accéder à un stade plus appropriè pour la personne afin d’atteindre un objectif.
Sur le point du « ticket psy »: à la fois je me dis qu’il y a une véritable attente souvent ignoré en entreprise cad le travail sur soi, sur les émotions, sur le bien être… peut être que cette démarche va permettre de décomplexer les français avec la formulation « psy ». En même temps je regrette que cette démarche induit un travail individuel alors qu’il me semble que la Personne, l’équipe, le management…l’Entreprise en somme est co-reponsable et devrait être co-investit dans un travail sur le bien être en général. D’autant, qu’un travail individuel, certes non négligeable, suppose que les efforts sont individuels et sort l’employé de son contexte. Ce qui me choque en tant que coach systémique.
@florence
Bonjour Florence et merci de votre contribution, c’est en s’impliquant que l’on arrivera à un résultat, voire (soyons ici réalistes) une réussite ! Les points de vue de chacun sont importants et attendus pour œuvrer dans cette direction !
Les français, je pense, prennent de plus en plus conscience de cette situation, mais quels outils, quelles solutions ont-ils à leur disposition ? Souffrir doit se faire, et ce n’est pas moi qui l’affirme, je ne fais que le constater, dans « son coin » ! difficile de sortir de cette posture : pas de moyens (financiers et autres…) beaucoup de théorie, mais passer à la pratique est moins simple…
Beaucoup d’idées au sein d’altohumano.org pour permettre à chacun de se révéler et de mettre en place sa dynamique d’action. Les idées et projets prendront forme très rapidement, (cf soupe aux cailloux) à suivre…
@fadhila
Bonjour Fadhila et merci encore pour ta contribution, fort intéressante compte tenu de ta posture et expérience !
1) causes, effets et résultats : les chiffres parlent d’eux-mêmes.
Comme tu le dis, l’économie favorise peut-être ce « marché de la déprime »… sommes-nous inciter à déprimer ???
2) la déprime induit un état de lassitude et de découragement : qui est habilité à accompagner une personne déprimée ? prend-on en charge la déprime ou la personne en lui enseignant des « techniques » anti-déprime ? et on peut soulever ici la question de légitimité professionnelle.
Mais c’est indéniable : quiconque a conscience de ses capacités et de ses ressources sera moins vulnérable.
Je te rejoins totalement sur la pratique, toujours favoriser le comment au pourquoi (comment je me sors de cette situation, plutôt que pourquoi cela m’arrive…)
3) la question que je me pose est la suivante : doit-on avoir accès à cette démarche très personnelle impliquant un travail sur soi via le domaine professionnel ? On propose de soigner les effets, mais qu’en-est-il de la cause souvent commune ? et je reprendrais une phrase d’Yves Clot, Professeur de psychologie du travail, qui dit « ce ne sont pas les gens qu’il faut soigner, mais le travail…
de maladresse en maladresse,de choc en choc,d’oppression en oppression,d’incompréhension en incompréhension,notre « Moi » se cabosse et mille démons nous dévorent.
il me semble essentiel de pouvoir familiariser aux démarches thérapeutiques alors que la sentence: »psy = folie » demeure toujours très vivace dans le conscient et l’inconscient collectifs.
ticket-psy pourquoi pas si c’est un une mise en oeuvre plutôt que de rester passif ,une clef ouvrant un nouvel espace à l’emmuré.
je conçois cette proposition comme 1 main qui se tend. Tout le monde ne connait pas les panoplies permettant de devenir le chevalier que l’on porte en soi.Dans certaines universités (Montpellier par ex )
cette proposition est offerte aux étudiants et le retour est fort positif. ,les démons se muant en tigres de papier.
De retour de l’étranger, de la République Dominicaine, je suis sortie des belles plages pour entrer en contact avec la vie des dominicains et j’ai aussi observé et cotoyé des américains – des canadiens – des russes… Ma vision est que la France se prend la tête à conserver une « vieille France ». « Comme me disait un américian, vous vous rendez malade à vouloir conserver votre image, votre poste … que nous, nous misons sur la flexibilité ».